top of page

Le chapitre bonus de
LAURE, LE SECRET D'UNE MÈRE

   Laure se concentrait sur la conversation qu’elle tenait au téléphone et surveillait d’un œil discret l’équipe de peintres qui préparait le chantier. Elle raccrocha et vérifia une fois encore sa montre. Elle allait arriver en retard à la gare. Elle partait deux jours à Paris pour rencontrer un fournisseur. Les couleurs de sa nouvelle collection l’intéressaient et elle envisageait de les proposer à sa cliente à Notting Hill. Tout allait si vite depuis qu’ils s’étaient installés à Londres. Elle en avait le vertige. Elle poursuivait sa formation le soir, une fois les enfants couchés. Elle prenait des cours d’anglais, de décoration d’intérieur et s’était remise au dessin. Elle avait frôlé la mort à Maison Haute. Elle avait enduré le suicide de son mari et le trafic avec les malfaiteurs pour protéger sa fille. Elle avait perdu le bébé d’Emmanuel. Tous ces drames auraient pu la détruire. Pourtant, elle était animée d’une détermination qui la surprenait elle-même. Elle réorganisait sa vie, encourageait ses enfants, apprenait le métier qu’elle aimait vraiment, et rattrapait toutes ces années gâchées. Elle sortait de sa chrysalide et l’admiration d’Emmanuel l’aidait sans conteste à se révéler.

Son associé surgit de son bureau pour raccompagner Georges.

–– Vous transformerez ce lieu en succès, j’en suis convaincu. Bravo, Laure !

Il les salua et disparut en leur adressant un dernier signe de la main à travers la vitrine. Emmanuel vit ses sourcils froncés et lui demanda ce qui n’allait pas. Les appels de sa cliente s’enchainaient, le chef d’équipe devait arriver d’un moment à l’autre et le temps filait. Elle ne partirait jamais à temps. Elle avait encore oublié de contacter une des mamans qui gérait les sorties d’école et Céleste lui réclamait…

–– Tout se passera bien ! coupa son associé en levant les mains au ciel avant de les poser délicatement sur les joues de Laure. Je suis là !

Elle soupira et finit par lui sourire quand il la serra dans les bras avec tendresse.

–– Nous sommes une équipe, rappelle-toi ! Je m’occupe des enfants ce week-end et toi, tu ne penses à rien d’autre que ton travail. Tu pars seulement deux jours, mon amour, je m’en sortirai ! Tout se passera bien.

–– Je réalise à quel point j’ai de la chance de t’avoir à mes côtés. Tu me le dirais si notre présence devenait trop encombrante…

–– Laure ! s’écria Emmanuel en la serrant plus étroitement contre son cœur. C’est moi le plus heureux des hommes. Partager ton quotidien et celui de tes enfants est loin d’être un supplice. Arrête de te torturer. Je t’assure que tout va bien. File ! Sinon, c’est moi qui arriverai en retard pour aller chercher Augustin.

 Son fils, toujours craintif, s’inquiétait dès qu’il ne les voyait pas à la sortie de l’école. Pourtant, il s’était adapté à sa nouvelle vie avec une facilité déconcertante. Il utilisait un vocabulaire franco-anglais et s’était déjà fait deux camarades. La tension dans les épaules de Laure se relâcha et elle embrassa tendrement Emmanuel. Il mettait tout en œuvre pour lui simplifier l’existence et son amour pour lui grandissait chaque jour. Dire que leur installation à Londres ressemblait à un rêve serait un mensonge. Ils devaient s’adapter à chaque instant. Appréhender un nouvel environnement, une autre langue et lancer une entreprise n’était pas sans embuches. Ils apprenaient à vivre ensemble et à soigner leurs blessures. Laure s’inquiétait sans cesse pour eux et Emmanuel la rassurait tout en prenant discrètement sa place. Le couple avait conscience des difficultés et se soutenait vaille que vaille. Ils s’embrassèrent une dernière fois et l’arrivée du taxi devant la porte de la boutique les obligea à se séparer. Emmanuel porta sa valise et l’accompagna dehors.

–– Tu me téléphones ce soir pour me raconter.

Laure lui confirma. Elle dinait avec Isabelle et Tanguy, de passage à Paris. Ils ne s’étaient jamais autant rapprochés depuis qu’ils avaient traversé tous ces drames. L’existence de son frère avait pris, elle aussi, un tel tournant et Isabelle, même si elle voulait leur cacher, n’allait pas bien. Se retrouver tous les trois, alors qu’ils vivaient si loin les uns des autres, la réjouissait. Emmanuel lui vola un dernier baiser et le taxi l’emporta.

 

Il s’approcha du groupe de parents qui attendaient devant la grille et salua un père. La sonnerie retentit et les portes s’ouvrirent sur les enfants. Il aperçut très vite Augustin parmi ses camarades et son air inquiet lui serra le cœur. Il leva le bras pour signaler sa présence et le petit garçon arbora un rictus de soulagement.

–– Elle est déjà partie, maman ? demanda-t-il en se postant devant Emmanuel.

–– Oui ! Elle te l’a dit ce matin. Alors, raconte-moi comment s’est passée ta journée.

Emmanuel lui retira le lourd cartable de ses épaules. Il prit sa main dans la sienne et lui proposa de traverser le parc à pied pour aller chercher Albertine. Le petit garçon restait silencieux et il n’obtint que des sons pour toutes réponses à ses questions. Ils avaient un peu de temps devant eux et ils s’arrêtèrent sur un banc pour gouter. Emmanuel sortit de la poche de sa veste une boite en carton et la lui tendit. En voyant les macarons, un air réjoui apparut enfin sur son visage et il le remercia la bouche déjà pleine.

 

La porte d’entrée claqua et Emmanuel entendit des bruits de pas pressés dans les escaliers. Il releva les yeux et croisa ceux de Céleste.

–– Salut, ma jolie !

–– Ça sent trop bon ! Qu’est-ce que tu nous prépares ?

–– Une quiche lorraine.

–– Oh, j’adore ! Fanette en cuisinait tout le temps ! s’exclama-t-elle en grimpant sur le tabouret de bar pour lui faire face devant le plan de travail.

–– Où sont les petits ?

–– Ils regardent un dessin animé dans notre chambre.

–– On voit déjà que maman n’est pas là !

Laure avait des principes et la télévision faisait l’objet de négociations régulières entre elle et ses enfants. Emmanuel sourit à la jeune fille et continua de battre les œufs avant de les verser sur la pâte à tarte.

–– C’est purement éducatif ! Ils écoutent et enregistrent l’anglais sans s’en rendre compte.

Céleste sauta de son siège et attrapa un verre avant de sortir une bouteille de vin blanc du réfrigérateur. Elle le servit et le posa devant Emmanuel. Il la remercia, but une gorgée et ouvrit la porte du four pour glisser le plat. Céleste n’avait pas bougé. Emmanuel s’appuya contre l’évier et la dévisagea en souriant.

–– Que veux-tu me demander ?

Ses joues se colorèrent et elle évita son regard. Elle avait eu du mal à accepter la relation de sa mère avec son associé. Elle avait eu le sentiment qu’elle les avait tous trompés comme son père lui avait sournoisement fait entendre. Et puis, elle avait compris son jeu diabolique avant sa mort et avait admis qu’ils avaient tous besoin de retrouver une certaine sérénité. Leur quotidien s’était apaisé et la tension incessante, qui régnait au sein de leur famille, avait disparu. Le poids sur son estomac aussi. Elle appréciait vraiment Emmanuel. Il apprenait à vivre avec eux et ne se laissait pas avoir, non plus, par les minauderies d’Albertine.

–– Alors ? insista-t-il en préparant une salade verte.

–– Mes copines vont à un concert demain soir et elles m’ont invitée.

Emmanuel lui demanda plus d’information. Céleste était convaincu de son refus. Sa mère l’aurait probablement fait.

–– D’accord !

Céleste se réjouit et serra les poings de victoire.

–– J’irai te rechercher à la fin du spectacle. Je ne te laisserai pas trainer en ville.

–– Mais elles veulent retrouver des amis au pub après et…

— Je suis désolé, mais tu dépends de ma responsabilité et je tiens à ma vie ! Ta mère ne me le pardonnerait jamais si quelque chose t’arrivait, soutint-il en lui adressant un sourire.

Céleste ne chercha pas à discuter plus longtemps. Elle le remercia et fila prévenir ses camarades qu’elle les rejoindrait.

 

Emmanuel travaillait encore. Laure l’avait appelé depuis un moment déjà. Elle n’aimait pas laisser ses enfants et s’inquiétait pour eux. Il l’avait rassurée bien volontiers. Elle lui avait raconté son diner et les dernières nouvelles de Maison Haute en bâillant. Il lui avait souhaité une bonne nuit et avait raccroché tout en poursuivant l’étude de la comptabilité de la Grignote. Il se félicitait d’avoir délégué la direction à son bras droit. Caroline dirigeait le Gargantua comme il l’avait toujours prévu. Ses affaires prenaient de l’ampleur et, s’il ne s’entourait pas de personnes de confiance, il ne pourrait pas continuer d’investir. Il aimait son travail. Il aimait la cuisine. Il aimait entreprendre. Mais après les récents événements, Emmanuel voulait avant tout se dégager du temps pour le partager avec Laure et ses enfants.

Il sentit un mouvement derrière lui et se retourna. Augustin se tenait là, son doudou à la main. Son regard triste l’alerta.

–– Tu n’arrives pas à dormir ? chuchota Emmanuel.

Le petit garçon haussa les épaules. Emmanuel posa ses papiers sur la table basse et lui laissa une place à côté de lui sur le canapé garni de coussins, dans un style très anglais. Augustin ne se fit pas prier. Il se cala contre lui avant de remettre son pouce dans sa bouche. Il s’inquiétait souvent le soir et s’endormait parfois dans les bras de sa mère. Il apprécia le va-et-vient de la main d’Emmanuel sur son crâne et se détendit peu à peu.

–– Pourquoi t’as pas d’enfants à toi ?

La question l’interpela et Emmanuel immobilisa sa main.

–– Parce que c’est la vie ! On ne choisit pas toujours.

Augustin fixa ses yeux et resta pensif. Emmanuel patientait.

–– Je peux te dire un secret ?

–– Je le garderai pour moi, je te le promets.

–– On devait faire un exposé à l’école sur le métier de nos parents.

Emmanuel se tendit. Lui aussi avait perdu sa mère jeune et connaissait le chagrin qui revenait dans ces moments-là.

–– Tu sais pourquoi il ne m’aimait pas ? demanda soudain Augustin, le visage triste.

Emmanuel fronça les sourcils. Il s’abstint de lui confier tout le mal qu’il concevait pour son père et pensa à Laure. Que dirait-elle pour le réconforter ?

–– Il était malade, avoua Emmanuel, mal à l’aise. Il avait une maladie qui ne se voit pas, mais qui détruit tout sur son passage.

–– On va pas l’attraper, cette maladie ?

–– Non, mon bonhomme, s’écria-t-il en le serrant contre lui. Personne ne contractera ce mal dans notre famille. Ta maman et tes sœurs t’aiment très fort. Et moi, je me réjouis de passer du temps avec toi !

Emmanuel le voyait se tordre les mains et se demandait quelle révélation il allait faire. Il attrapa son menton et le releva pour croiser son regard.

–– Tu peux tout me dire.

Augustin rougit de plus belle.

–– Ils ont tous un papa génial qui partage des activités avec eux. Je ne veux pas qu’on sache à l’école que le mien…

Ses yeux se mirent à briller de larmes et sa voix se cassa.

–– Je te comprends, mon garçon, confia Emmanuel, ému.

–– Alors, j’ai raconté que c’était toi, mon papa ! avoua-t-il enfin.

Emmanuel sentit une douce chaleur l’envahir. Ses révélations le touchaient.

–– Mais du coup, ils veulent tous que j’emmène des macarons pour lundi ! avoua-t-il dans la précipitation. Même la maitresse souhaite les gouter. Dis oui ! Dis oui ! Je t’en supplie !

Emmanuel pouffa de rire et accepta bien volontiers s’il l’aidait à les préparer. Augustin souffla de soulagement. Il était tard. Emmanuel lui tendit la main et éteignit les lampes derrière eux pour l’accompagner jusqu’à sa chambre.

 

Céleste gardait son frère pendant qu’Emmanuel allait récupérer Albertine. Dès qu’il pénétra dans le gymnase, il la repéra assise toute seule sur un banc. Ses épaules basses et son air sombre l’inquiétèrent. Il s’accroupit devant elle pour croiser son regard. Elle ne s’était pas changée après le match de rugby et une de ses chaussettes tombait sur sa cheville.

–– As-tu un souci, ma jolie ?

Elle leva ses yeux vers lui et il réalisa qu’ils brillaient de colère. Elle explosa, à moitié en pleurs, et son cœur se serra.

–– Le coach ne m’aime pas ! Il refuse de me faire jouer ! Je suis restée cinq minutes sur le terrain et il m’a mis d’office sur la touche !

Emmanuel lui caressa les cheveux et vit l’entraineur un peu plus loin. Ce dernier écourta sa discussion avec les autres parents et s’approcha d’eux sans se presser. Emmanuel lui demanda des explications.

–– Albertine est une tornade parmi l’équipe, avoua l’entraineur. Elle déborde d’énergie. Cela ne vous surprend pas, j’imagine. Ses camarades finissent par perdre tout leur moyen.

–– Mais ils ne courent même pas après le ballon ! s’emporta-t-elle, les joues rouges.

–– Albertine ! la rappela Emmanuel avant qu’elle ne dépasse les bornes.

–– Je pense que nous devrions revoir la place de votre fille dans ce cours.

Emmanuel se tendit, comme cela lui arrivait souvent, lorsque les gens le prenaient pour le père des enfants de Laure. Mais Albertine était bien trop fixée sur le match pour réagir.

–– Vous me virez ! s’écria-t-elle, les yeux brillants de larmes.

–– Je préférerais que tu viennes au cours du samedi matin, corrigea l’entraineur, amusé par sa nouvelle élève. Tu possèdes un bon niveau et te frotter à des joueurs plus talentueux te fera le plus grand bien.

Il se doutait qu’elle dissimulait une rage folle qui la consumait et que ce besoin de se défouler sur le terrain la soulageait. Malgré tout, il devait guider les autres enfants et maintenir une cohésion dans l’équipe. Il se mit d’accord avec Emmanuel, qui promit d’accompagner Albertine pour un nouvel essai. Il le salua et donna le signal du départ. Ils s’arrêtèrent pour faire quelques courses en prévision de la séance macaron avec Augustin et rentrèrent à pied. La foule se pressait sur le trottoir et il sentit la main d’Albertine se glisser dans la sienne à un passage piéton. Il la serra et lui adressa un clin d’œil tout en continuant son chemin.

–– L’entraineur pense que tu es mon papa, dit-elle enfin juste avant d’arriver devant la maison.

–– J’ai entendu. Si ça t’ennuie, tu pourras lui dire que ce n’est pas le cas.

Céleste haussa les épaules et accéléra le pas pour entrer retrouver son frère et sa sœur.

Laure glissa sa clef dans la serrure et se surprit de l’absence d’accueil de ses enfants. Elle posa sa valise dans l’entrée et enleva son manteau en tendant l’oreille. Elle entendit du brouhaha venir de la cuisine et monta les escaliers avant de s’immobiliser devant la porte. Le spectacle l’amusa et elle resta là, à les observer. Céleste faisait écouter à Emmanuel un groupe de musique à la mode, semble-t-il, pendant qu’il préparait une quantité incroyable de macarons avec Albertine et Augustin. Son fils avait l’air réjoui et elle surprit sa fille poser sa tête sur le flan d’Emmanuel dans un geste plein de tendresse. Il lui caressa les cheveux et lui effleura le nez avec de la pâte. Augustin se moqua de sa sœur et les deux enfants se querellèrent sur-le-champ. Le cœur de Laure déborda d’amour pour chacune des personnes qui lui permettait de croire en un avenir meilleur.

–– Tu es rentrée ! s’écria Céleste, qui la vit la première. Elle s’approcha pour l’embrasser. Hello, Mum !

–– Maman ! hurlèrent les deux petits en se précipitant.

Elle croisa le regard d’Emmanuel et lui adressa un remerciement muet. Il lui répondit d’un clin d’œil complice et attendit qu’ils la libèrent pour venir la prendre dans ses bras.

 

Il resta tard dans le salon pour récupérer son retard. Il s’était consacré entièrement aux enfants pendant tout le week-end et il n’avait pas eu le temps de mettre à jour ses courriels. Il tourna le regard vers l’horloge et comprit pourquoi il tombait de fatigue. Il s’étonna de trouver Laure, parfaitement réveillée, quand il entra dans leur chambre. Elle lui sourit et repoussa les documents qui jonchaient le lit pour l’accueillir. Il s’allongea sur elle et posa sa tête sur son ventre. Aussitôt, il sentit ses doigts fins lui caresser les cheveux comme elle aimait le faire. Il ronronna de plaisir et ferma les yeux en se détendant. Il lui embrassa le nombril et remonta jusqu’à sa bouche.

–– Je pensais que tu dormais.

–– Les enfants m’ont raconté leur week-end et nous avons un peu tardé. Merci pour toutes les activités que tu leur as proposées. Ils étaient ravis.

–– Je le suis, aussi.

–– Albertine m’a confié qu’elle ne dira rien à son entraineur. Elle m’a dit que tu comprendrais.

Il esquissa un sourire en coin. Laure le regardait, les sourcils relevés, alors il lui révéla l’anecdote.

–– J’ai passé un très bon week-end. Ce n’était pas de tout repos, mais c’était agréable.

–– Je ne sais pas comment te remercier.

–– Albertine vient de le faire, murmura-t-il en lui caressant tendrement la joue.

Il glissa son visage au creux de l’épaule de Laure et lui avoua :

–– Je jouais les braves, mais, en fait, j’avais peur de me planter. Je les aime vraiment, tes enfants. Ils sont fragiles et je voudrais qu’ils m’acceptent. Je ne veux pas prendre sa place, mais…

–– Je sais, murmura Laure, le ventre serré, alors que l’image de son mari, fou, lui traversa l’esprit.

–– Je ne pourrais les aider que s’ils me font confiance.

Laure était émue et plongea dans le regard d’Emmanuel.

–– Ils m’ont vanté tes mérites toute la soirée ! Tout ce dont ils ont besoin, c’est de tranquillité et d’attention.

Emmanuel l’embrassa et glissa ses mains sur son corps. Elle lui avait manqué.

–– J’ai pensé à nous tous le week-end et je me sens prête, murmura-t-elle contre son oreille.

–– Prête à quoi, mon amour ?

–– À recommencer.

Il se redressa sur ses coudes et la fixa, les sourcils relevés.

— Je veux te donner un enfant, Emmanuel !

Son cœur s’enflamma. Il en rêvait, mais il s’inquiétait pour elle. Son agression et la perte de leur bébé l’avaient fragilisée. Laure reprenait sa vie en main, construisait son avenir et il ne souhaitait pas précipiter les choses.

–– Je serai le plus heureux des hommes, mais nous devrions prendre le temps de consolider notre situation avant d’agrandir notre famille.

Il l’embrassa tendrement et lui demanda ses autres volontés.

–– J’aimerais revenir à Maison Haute à la fin de l’été prochain, avoua-t-elle dans un chuchotement. Je voudrais que les enfants retrouvent leur maison. Cette propriété nous appartient depuis des générations. Accepterais-tu de t’y installer, toi aussi, malgré…

Emmanuel frôla ses lèvres pour la tranquilliser et leurs baisers s’enflammèrent. Il consentait à tout, à partir du moment où elle partageait sa vie.

— Je me réjouirais de voir notre enfant grandir à Maison Haute.  

Ses mains glissèrent sur sa peau et elle fondit de plaisir sous ses caresses.

— Je m’emploierai de toutes mes forces à faire disparaitre tous nos mauvais souvenirs, promit-elle avec la volonté dont elle faisait preuve.

–– Tu voudras bien m’épouser, alors ?

Elle ne dit rien, mais son sourire était éloquent.

–– Qui ne dit mot consent, ma chérie !

​

Vous avez aimé l'histoire de Laure et son bonus, 

Quelques mots de votre part peuvent aider mon roman à rencontrer de nouveaux lecteurs

Merci de votre soutien, 

Je vous donne rendez-vous pour la suite de la saga avec "Tanguy, l'ombre d'un héritage". 

​​​

​

​

bottom of page